Poser les bonnes questions, à soi-même ou aux autres, c’est approfondir ses relations, améliorer la qualité de sa pensée, de ses décisions et même sa créativité.
Pour ne pas trop nous éparpiller, nous allons voir dans cet article la partie « pensée », qui est la relation qu’on a avec soi-même, et aussi les relations interpersonnelles. On passe plus de temps à vouloir donner des réponses qu’à chercher à poser des questions.
Et pourtant, une bonne question peut résoudre de nombreux problèmes.
Nous allons voir dans cet article pourquoi et comment poser les bonnes questions, et surtout quelles questions poser.
Pourquoi on ne pose pas assez de questions
On ne pose pas assez de questions. Car si elles nous rapprochent, les réponses nous divisent.
Certes, tout le monde pose des questions. Mais peut-être pas des questions constructives qui destinées à comprendre les événements, les personnes, et soi-même.
Pourquoi on ne pose pas assez de questions ?
- Parce qu’on a peur de paraitre ridicule, ignorant ou même offensant.
- Parce qu’on se contente de ce qu’on sait et on estime en savoir assez.
- Parce qu’on a nos idées, nos a priori et notre égo fait qu’on ne s’en rend pas compte et qu’on ne les remet pas en question.
- À cause du biais de confirmation. On ne cherche que ce que ce qui confirme ce qu’on pense déjà.
Pourquoi on ne SE pose pas assez de questions ?
- Parce que c’est inconfortable de se rendre compte qu’on ne sait pas, ou qu’on se trompe.
- À cause de la frustration de ne pas avoir de réponse immédiate.
- Parce qu’on ne prend pas le temps. En croyant qu’on n’a pas le temps pour ça.
- Et, à nouveau, à cause du biais de confirmation.
“Les gens sont unis par les questions. Ce sont les réponses qui les divisent.”
(Elie Wiesel)
Une réponse est une opinion déguisée en certitude.
Et au niveau des relations interpersonnelles, le problème est qu’on pense plus à critiquer et à conseiller qu’à poser des questions et écouter les réponses. Notre plus grand problème est que nous écoutons pour répondre, et non pour comprendre.
Se tromper et poser des questions, c’est la meilleure manière d’apprendre. Quand on ne sait pas, on se met sur la défensive. C’est peut-être un réflexe appris à l’école, où l’on avait peur de paraître ridicule en absence de réponse.
Et si on laissait tomber ce bouclier pour être à nouveau (sincèrement) intéressé et intrigué comme le sont les enfants ?
Se poser les bonnes questions pour améliorer la qualité de réflexion
On se contente souvent de ce qu’on sait déjà. Sur nous-mêmes, sur les autres, sur la vie.
Mais ce que vous savez, êtes-vous certain de le savoir ?
Améliorer la qualité des questions que vous vous posez peut vous aider à changer votre façon de penser, vous ouvrir l’esprit et voir la vie sous un autre œil, plus frais et curieux.
Un bon réflexe à développer est de se demander :
- Pourquoi je crois ce que je crois ?
- Est-ce que c’est vrai, ou est-ce que je voudrais que ce soit vrai ?
- Et si le contraire était vrai ?
- Est-ce que je préfère avoir raison, ou est-ce que je préfère comprendre ?
Se poser des questions de ce genre permet de mettre le doigt sur les biais qui influencent nos décisions, nos préjugés et notre manière de penser en général. Comme le biais de confirmation dont je parlais plus haut.
En prendre conscience, c’est en prendre le contrôle.
Améliorer la qualité de notre pensée est une bonne chose. Mais je vous propose d’aller plus loin, au-delà de la simple pensée.
Se poser les bonnes questions pour avancer et vaincre la peur de l’échec
Ici, on est plus proche de l’action. Poser de bonnes questions peut aider à donner un coup de fouet à votre développement personnel et même à votre carrière.
La peur de l’échec est un obstacle fréquent. Mais elle n’est qu’une information. Une réponse à des questions pessimistes liées sans doute à l’estime de soi. Mais ce n’est pas le sujet.
Ce qu’on veut, c’est changer les réponses. Et pour ça, changeons d’abord les questions.
En voici trois à vous poser quand la peur vous freine dans votre développement :
- Qu’est-ce que je ferais si j’étais certain de ne pas échouer ?
- Quelle est le pire scénario possible ?
- Et si je réussissais, qu’est-ce qu’il se passerait ?
La troisième est étrange, mais la peur de réussir existe aussi. Bien que dans ce cas-ci, c’est plutôt un moyen de visualiser la réussite et de passer du scénario du pire au scénario du meilleur.
D’ailleurs, une bonne technique pour faciliter la prise de décisions et d’imaginer le pire scénario et se rendre compte qu’il n’est pas aussi grave que ce qu’on pensait.
Questions à poser pour faire connaissance et améliorer ses relations existantes
— Salut, ça va ?
— Ça va, et toi ?
— Ça va, ça va.
— La famille, ça va ?
— Oui ça va. Et chez toi, tout va bien ?
Deux minutes plus tard …
— Et à part ça, ça va ?
Tu as sans doute déjà vécu cette situation, même avec des amis proches.
Et dans le cas où ça se passe avec une personne que vous venez de rencontrer, vous pouvez ajouter le fameux : « Et tu fais quoi dans la vie ? »
Cette question si vague prend plus de place que notre propre identité. Mais c’est un autre sujet.
Il y a des solutions pour améliorer ses relations avec des amis, de la famille, et aussi avec des inconnus. Vous pouvez réapprendre à connaître vos proches et aussi de nouvelles fréquentations en posant de meilleures questions.
Voici quelques exemples de questions à poser pour faire connaissance, même avec les personnes que vous pensez déjà connaître.
Une fois que vous avez placé le traditionnel « ça va ? », il est temps de poser questions plus spécifiques. Une question superficielle donne une réponse superficielle. Et une conversation superficielle donne une relation superficielle.
Dans The Book of Beautiful Questions, l’ancien journaliste Warren Berger propose toute une série de questions bien précises à poser dans certaines situations.
La prochaine fois que vous parlez avec des amis ou de nouvelles connaissances, posez ces deux questions :
- Qu’est-ce qui t’emballe pour le moment dans ta vie ?
- Quelle est la meilleure chose qui t’est arrivée aujourd’hui ?
Et pour dissoudre le fameux « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » dans les profondeurs des relations intéressantes, voici trois questions alternatives :
- Qu’est-ce qui te passionne le plus dans la vie ?
- Quel problème tu voudrais pouvoir résoudre ?
- Qu’est-ce que tu voulais devenir quand tu étais petit ?
En voici d’autres qui peuvent contribuer à approfondir une relation, ou du moins avoir une conversation intéressante et différente :
- Qu’est-ce qu’une journée parfaite pour toi ?
- Si tu pouvais changer une chose de la manière dont tu as été éduqué, ce serait quoi ?
- Qu’est-ce que tu as toujours voulu essayer ?
Pour terminer, une petite astuce pour aller encore plus loin consiste à simplement demander « Et quoi d’autre ? » quand votre interlocuteur a terminé son histoire. Cela pousse à creuser encore et encore.
Par ailleurs, ne négligez jamais les silences. Ils sont bien plus que du simple vide. Ils laissent l’occasion de réfléchir, d’approfondir. Ce n’est pas parce qu’une personne marque une pause qu’elle a terminé de parler.
Poser les bonnes questions est plus important que chercher des réponses à des questions qui manquent de sens.
Que vous vouliez prendre de meilleures décisions, approfondir vos relations, améliorer votre créativité, renforcer votre leadership ou apprendre à mieux vous connaître, votre apprentissage et votre développement dépendent de la qualité des questions que vous (vous) posez.
Et pour commencer à se poser de bonnes questions, il faut d’abord prendre l’habitude de s’en poser, tout court.


Merci, facile à lire et à comprendre
Très bon article!
Merci beaucoup
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