Améliorer sa volonté : par où commencer?

Améliorer sa volonté

Tu as sûrement des mauvaises habitudes. Tu en as même parfaitement conscience. Et tout en sachant que c’est mauvais pour toi, tu n’arrives pas à arrêter

Tu n’arrives pas à dire non à ce qui est mauvais, et tu n’arrives pas à dire oui à ce qui doit être fait mais qui demande des efforts.

Fouillons dans notre cerveau pour savoir comment améliorer sa volonté, concrètement.

Pas de résistance à la tentation

Après avoir accompli quelque chose de bien , tu te récompenses en t’offrant quelque chose de moins bon.
Tu es allé courir 30min? Tu vas sans doute t’autoriser à manger un truc bien gras…
Tu as passé une semaine bien chargée au boulot? Tu vas probablement prendre un bon apéro…

Il est 10h39, le vent fait voler les gouttes de pluie contre la fenêtre. Ça donne envie d’une boisson chaude…
Au moment où j’écris cet article, je suis en train de boire un café et de manger un biscuit. Un spéculoos si tu veux tout savoir. Je ne peux pas m’empêcher d’accompagner mon café d’un biscuit…
L’idée même de me faire un café me donne envie d’un biscuit. Et je ne mangerai pas de biscuit si je n’ai pas de café. Bizarre non?

On peut aussi parler des tâches pas tentantes du tout, mais qui doivent êtres faites.
Rangement, vaisselle, paperasse, toutes ces choses qui pourraient aller vite et qui soulagent une fois terminées, on les repousse toujours plus loin…

Tu n’arrives pas à dire non à la tentation, mais en plus tu n’arrives pas à faire ce qui doit être fait!

Instinct de survie et besoin d’appartenance

Le cerveau privilégie la facilité. Chez nos ancêtres, c’était une question de survie. Ce qui était facile et rapide devait être privilégié car notre vie en dépendait.

On a par nature une tendance à choisir une “récompense” immédiate plutôt qu’un résultat à long terme. (C’est aussi pour ça qu’on est attirés par le sucre, mais c’est une autre histoire.)

Et pour ce qui est de l’époque moderne, un problème d’objectif peut être à l’origine des obstacles au pouvoir de la volonté.
Pas spécialement dans le sens où tu suivrais un mauvais objectif, mais plutôt un objectif fixé pour les mauvaises raisons.

Si l’objectif que tu t’es fixé ne t’appartient pas, c’est-à-dire que tu le fais pour plaire à un groupe ou à une autre personne, tu ne vas pas avoir autant de volonté que si ton but était entièrement personnel. Le besoin d’appartenir à un groupe et la peur d’en être rejeté sont des obstacles à la réalisation d’un vrai objectif.

Par exemple, j’ai souvent commencé des programmes de sport, sans jamais continuer régulièrement. Ou rarement. Mon but, très vague, était d’avoir une meilleure apparence. Soigner son apparence c’est bien, mais le besoin n’était pas un objectif long terme d’une haute importance. On le fait surtout pour paraître bien aux yeux des autres, et pour se sentir mieux en société.

Ensuite, plus récemment pendant la première période de confinement suite à la crise du Covid-19, il s’est passé deux choses importantes.
D’abord, je me suis blessé au dos.
Et quelques semaines plus tard, mon fils est né.

On était plongé dans une période d’immobilité qui n’arrangeait rien à mon dos.
J’ai demandé de l’aide à un ami préparateur physique, qui m’a conçu un petit programme assez léger avec comme objectif de “réparer” mon dos.
Du renforcement musculaire et de la souplesse, tout en étant accompagné par un kinésithérapeute qui me donne aussi des exercices et supervise ce que je fais par moi-même.

Résultat, j’ai rarement eu une sangle abdominale aussi solide. Si mon but avait été tout simplement d’avoir des tablettes pour l’été prochain, j’aurais vite abandonné. Mais mon but était de pouvoir prendre mon fils dans les bras et refaire des activités qu’un trentenaire peut encore faire!
C’est plus personnel que de vouloir avoir des abdos juste pour le fait d’avoir des abdos.

D’une pierre deux coups

Pour améliorer sa volonté, il faut renforcer sa maîtrise de soi.
Dans ce sens, on pourrait parler d’alimentation saine, de sommeil réparateur, d’exercice physique et de méditation.
Ce sont des habitudes très importantes à adopter, et on a toujours de “bonnes” raisons d’abandonner.

Le contrôle de la respiration a de l’influence sur la maîtrise de soi et donc sur la volonté. La méditation est basée sur la respiration, mais si tu préfères une technique plus facile et plus rapide à mettre en oeuvre (en attendant d’avoir la volonté d’essayer la méditation? 😉 ), je te propose de tester la cohérence cardiaque.

Mais l’idée que je voudrais te proposer dans cet article, c’est plutôt de se focaliser sur l’objectif.
Planifier un objectif peut résoudre les 2 problèmes dont j’ai parlé plus haut.

La planification pousse à prendre un peu de recul et se poser, réfléchir. Rationaliser. Et donc calmer les impulsions et les émotions qui poussent à se laisser tenter par un désir immédiat qui ne va pas dans la direction de tes objectifs.

La 2e chose, c’est qu’en planifiant, tu peux avoir une idée plus précise des petites actions à accomplir dans le sens de ton but. Et donc de rester sur le bon chemin et résister plus facilement à une tentation qui t’éloignerait de ta mission.

En gardant en tête un objectif personnel, tu auras beaucoup plus de chances d’avancer que si tu te fixais un objectif “social”, fait pour répondre à une image qu’on attend de toi. Ou que tu penses qu’on attend de toi.

Mais il peut y avoir un piège caché…

Attention aux objectifs contradictoires

Avoir des objectifs c’est une chose, mais des objectifs qui vont ensemble, c’en est une autre.
Si tu as plusieurs objectifs en tête, fais attention à ce qu’ils soient compatibles.

L’idée me vient du livre Willpower (Volonté) de Roy Baumeister et John Tierney. Imagine que tu as ces 2 objectifs :

  • Passer plus de temps en famille ou entre amis
  • Travailler plus

Ces deux objectifs sont en conflit et ta volonté risque vite de basculer d’un des 2 côtés au détriment de l’autre.

Imaginons qu’au contraire, tes 2 objectifs soient les suivants :

  • Arrêter de fumer
  • Faire des économies

Tu aurais beaucoup plus de chances d’y arriver car ils peuvent être combinés. L’un ne fera pas ralentir l’autre.

Un paysan chinois déterminé

La volonté, ça s’entraîne et ça se maintient. Un objectif qui te tient à coeur, et qui t’est propre (et non pour le regard des autres), est sans doute la plus grande source d’énergie dont se nourrit la volonté.

Wang Enlin, un paysan chinois, avait arrêté l’école à 10 ans. En 2001, il a voulu porter plainte contre une grosse entreprise qui déversait des produits chimiques sur les terres qu’il cultivait. Ces produits ont nui aux récoltes de Wang Enfin et des autres paysans du village.

Avec comme objectif de sauver l’agriculture dont tout son village dépend, le paysan s’est mis à étudier le droit de l’environnement pendant … 16 ans! Et en autodidacte!

J’aurais pu parler d’Arnold Schwarzenegger qui a quitté un village paumé en Autriche pour devenir d’abord champion du monde de bodybuilding, puis star de cinéma, et enfin gouverneur de Californie mais t’as compris l’idée.

Avoir une mission personnelle, c’est la meilleure façon de construire des habitudes de vie qui font avancer en direction de plus grands objectifs, et de ne pas les vivre comme des corvées.

Si tu veux aller plus loin, j’ai écrit un article sur les routines matinales pour reprendre le contrôle de sa vie.

Petites questions pour terminer

  1. Quel est l’objectif numéro 1 auquel tu veux donner ton énergie? S’il y en a plus d’un, fais en sorte qu’ils ne soient pas en contradiction.
  2. Quels désirs immédiats inutiles t’en éloignent? Commence par en supprimer un à la fois.

Prendre conscience de ce qui peut te freiner est un bon début! Ça peut t’aider à résister aux tentations. N’oublie pas que ton objectif doit être une vraie motivation personnelle.

Dis-moi en commentaire où ça coince pour toi. Et partage cet article si tu connais quelqu’un qui en aurait besoin.

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